Mission Française pour la Culture Equestre | Quelques grands écuyers
20274
page-template,page-template-full_width,page-template-full_width-php,page,page-id-20274,edgt-core-1.2,,hudson child-child-ver-1.0.1,hudson-ver-3.1, vertical_menu_with_scroll,smooth_scroll,blog_installed,wpb-js-composer js-comp-ver-6.0.5,vc_responsive
 

Quelques grands écuyers

Xénophon

Élève de Socrate ayant appartenu à la cavalerie athénienne, Xénophon (v. 430-v. 355 av. J.-C.) est philosophe et historien. Il est considéré comme le premier théoricien connu de l’art équestre. Il prône la douceur et la compréhension du cheval, dont l’instruction « doit être douce, progressive et raisonnée, il faut s’en faire comprendre et le récompenser, ne pas l’ennuyer […] ne jamais le traiter avec colère et le châtier comme les parents châtient leurs enfants ».

 

 

Salomon de la Broue

Considéré comme l’un des fondateurs de l’équitation française, Salomon de la Broue (v. 1552-1610) est un innovateur, à l’origine de l’émancipation de l’équitation française.

La Broue inaugure l’équitation académique. Le dressage n’est plus, chez lui, un affrontement homme cheval comme il pouvait l’être en Italie. Il recherche les causes de ses difficultés ailleurs que dans « la méchanceté et l’obstination », et étudie le caractère de chaque cheval.

 

 

Antoine de Pluvinel

Maître de trois rois de France (Henri III, Henri IV et Louis XIII) et surnommé le « père de l’équitation française » par les historiens, Antoine de Pluvinel (1555-1620), enseigne au Louvre, est l’auteur de L’Instruction du Roi en l’exercice de monter à cheval, paru en 1623, après sa mort. Pluvinel s’approprie les méthodes en vigueur et les rend moins rugueuses, moins dures. Il se libère volontairement de l’influence italienne et ambitionne, « d’obliger le cheval à prendre plaisir à tout ce qu’il fait jusqu’à ce qu’il y aille librement ». Il considère que le dressage n’est pas une gymnastique mais une éducation qui s’adresse à l’intelligence du cheval.

 

 

François Robichon de La Guérinière

François Robichon de La Guérinière (1688-1751) est considéré comme un des plus grands maîtres de l’école classique et de l’histoire de l’équitation. Son livre, École de cavalerie, publié en 1729 à Paris, est toujours considéré comme la « bible équestre » et influença les grandes écoles de Vienne, de Saumur ou de Hanovre. Il prône une équitation « naturelle et raisonnée », transparente, méthodique, rationnelle, au service du plus grand nombre, mais qui ne renie pas pour autant un idéal de perfection.

Il codifie deux mouvements qui caractériseront l’école française : la descente de mains et l’épaule en dedans.

 

 

Le comte d’Aure

Le comte d’Aure, écuyer en chef du manège de Saumur de 1847 à 1855, est un simplificateur à l’adresse et au tact prodigieux, qui recherche avant tout l’impulsion, la franchise des allures, une équitation naturelle permettant une pratique libre et perçante, le franchissement des obstacles, et utilise le cheval tel que la nature l’a construit. Il allège les embouchures pour que le cheval « vienne sur la main en veillant au mouvement en avant », ce qui est à l’origine de l’équitation sportive contemporaine et de l’équitation enseignée dans les clubs aujourd’hui.

 

 

François Baucher

Ecuyer de cirque de la seconde moitié du XIXe siècle, François Baucher (1796-1873) est à l’origine d’un courant appelé le bauchérisme, avec une « première » et une « deuxième » manières. Sa méthode est fondée par sur de nouveaux principes et procédés de dressage visant « à annihiler les forces instinctives pour les remplacer par les forces transmises » et s’appuie sur les flexions. Son opposition avec le comte d’Aure reste légendaire.

 

 

Général L’Hotte

Le général L’Hotte (1825-1904) fut écuyer en chef du Cadre noir de Saumur et général commandant de l’Ecole de cavalerie. Ecuyer surdoué, il brille sur ses chevaux Zégris ou Laruns. Amis et disciple du comte d’Aure et de François Baucher, il saura tirer le meilleure parti des deux méthodes et rédigera deux ouvrages qui paraîtront après son décès : Un officier de cavalerie (1905) et Questions équestres (1906). Le second est cité par l’Unesco comme renfermant les principes de l’équitation française.

 

 

Nuno Oliveira

Célèbre écuyer portugais, Nuno Oliveira (1925-1989) est sans doute le plus brillant des écuyers du XXe siècle. Pratiquant une équitation subtile et vivante, « le maître », comme l’appelaient ses élèves est considéré comme « l’intelligence équestre du XXe siècle ». Il regardait l’équitation comme un art plus que comme un sport, et c’est en artiste qu’il façonnait chaque cheval comme un sculpteur crée son œuvre. Il tirait de chaque cheval le meilleur, assurant qu’une fois la technique acquise, il fallait monter avec son cœur.