Figure militaire exemplaire, le colonel Bouchet aura su concevoir l’organisation d’une École nationale d’équitation…
Né en 1927 à Crozon, il suit de brillantes études, notamment au Prytanée militaire de La Flèche. Il prépare ensuite Saint-Cyr, qu’il intègre à Coëtquidan, avant d’être affecté au 2ème Spahis Algérien, en Allemagne.
Son père, Alexandre Bouchet, avait été écuyer du Cadre noir de 1910 à 1912, où il s’était lié d’amitié avec le général Decarpentry, avant de se tourner vers l’aviation. Alain Bouchet, affecté dès 1948, au Cours de perfectionnement équestre, épouse Anne Touzet en 1949 ; ils auront cinq enfants. Affecté au Cadre noir en 1950, il connaît des débuts difficiles : l’écuyer en chef, le colonel Margot, l’accueille très froidement. Habillé en noir, il participe au carrousel de l’École de cavalerie alors que son père préside une séance.
Avec le Cadre noir, il part en tournée aux États-Unis, au Canada et au Mexique pendant trois mois. En 1956, il participe aux Jeux olympiques de Stockholm, en concours complet. Il rejoint ensuite le 5ème Spahis, à la limite du Sahara. De retour en 1959, il retrouve le Cadre noir, dont l’écuyer en chef est alors le colonel Lair, avant de repartir en Algérie en 1961.
Affecté au « Manège de l’École militaire » comme écuyer, il participe à des compétitions nationales de dressage avec le cheval Lumineux, qu’il dresse lui-même. Reçu second à l’École de guerre, il reviendra plus tard comme professeur à l’École d’état-major.
Commandant en second du 5ème Chasseur, il commande ensuite le 8ème Hussard à Alkirch, où il monte régulièrement.
En 1974, il est nommé écuyer en chef dans le contexte de la création de l’École nationale d’équitation. Cavalier olympique, il assure les présentations du Cadre noir, comme au Salon de l’Agriculture à Paris en mars 1975 (photo).
Sa mission consiste à préparer cette nouvelle école à contribuer au développement de l’équitation civile grâce à un encadrement adapté. La formation devient ainsi la raison d’être de cette école créée par Georges Pompidou. Les écuyers du Cadre noir, toujours implantés à l’École de cavalerie, se préparent alors à rejoindre Terrefort.
Figure militaire exemplaire, le colonel Bouchet aura su concevoir, avec le général O’Delant, l’organisation d’une École nationale ouverte au monde civil. S’appuyant sur l’expérience des écuyers, il adapte les cours et les programmes de formation. C’est en allant sur le nouveau site de Terrefort qu’il est frappé par l’accident mortel. Le général Delaunay, chef d’état-major de l’Armée de Terre, reconnaîtra « la réussite exceptionnelle d’une personnalité hors du commun qui a réussi la synthèse de toutes les qualités du soldat et de l’homme ».
Légende photo : Le colonel Bouchet, écuyer en chef, en tête de la reprise des écuyers sur Lumineux. Salon de l’Agriculture de Paris, 1975.
Publications :
- Ne pas se renier, Revue de la Défense nationale, décembre 1968
- Plaidoyer pour le cheval militaire, thèse d’ESG, 1968
Témoignage : Allocution du général Delaunay, chef d’état-major de l’Armée de Terre, Altkirch, décembre 1981, à l’occasion de l’inauguration du manège colonel Bouchet.