Il n’existe pas une, mais des cultures équestres, comme le disait Jean-Pierre Digard (en savoir plus).
La Mission Française pour la Culture Équestre reflète cette diversité. Elle ne se limite pas à la seule équitation académique, même si celle-ci a largement contribué à théoriser les pratiques équestres.
Les ouvrages des grands auteurs permettent ainsi d’accéder aux fondements de l’équitation de tradition française.
Voici quelques auteurs de référence dont l’œuvre a permis de mieux cerner les questions majeures de l’équitation et de fonder la tradition française. Ils témoignent de l’évolution des pratiques et des méthodes, ainsi que des convergences entre l’art équestre et d’autres formes d’expression.
L’École Française se nourrit des leçons des grands maîtres français et de ceux qui ont contribué à faire progresser l’art équestre, et plus largement l’équitation à la française. En plus des auteurs majeurs, il est nécessaire de rappeler quelques grands noms qui ont marqué l’évolution de l’équitation en Europe, comme Gustav Steinbrecht pour l’Allemagne ou Nuno Oliveira pour le Portugal. Les auteurs les plus significatifs de l’École française sont classés par siècle dans la rubrique Livres et publications.
Les noms en rouge donnent accès aux documents liés à ces auteurs.
Liens utiles pour accéder aux auteurs et ouvrages d’équitation :
- Site de la Bibliothèque mondiale du Cheval (Université de Caen)
- Site de la Bibliothèque nationale de France (Gallica)
- Site de la médiathèque du cheval et de l’équitation (IFCE)

Salomon de La Broue
Gentilhomme gascon, page du comte d’Aubijoux, puis écuyer du duc d’Épernon et écuyer ordinaire de la Grande Écurie du roi, dont le chevalier de Saint-Antoine, son ami, était premier écuyer et le duc de Bellegarde, grand écuyer, avait été l’un des élèves les plus célèbres de Pignatelli, Salomon de la Broue (v.1552-v.1602) est le premier écuyer français à publier un traité d’équitation, Préceptes principaux que les bons cavalerisses doivent exactement observer en leurs escoles, tant pour bien dresser les chevaux aux exercices de la guerre et de la carrière que pour les biens emboucher, La Rochelle, 1593-1594 et surtout Le Cavalerice françois, contenant les préceptes principaux qu’il faut observer exactement pour bien dresser les chevaux. Avis sur le devoir de l’escuyer de Grandi Escuyrie, Paris, 1602 . Lancosme-Brèves, qui écrit longuement à son sujet, le considère comme le « restaurateur de l’équitation française ».
De fait, La Broue, contemporain de Pluvinel ou de peu son aîné, ouvre, dans les temps modernes, la série des grands écuyers français, qui ne s’est pas interrompue depuis. Honnête et modeste, il est mort pauvre, dans les toutes premières années du XVIIe siècle, se disant lui-même vieux en 1593, mais ayant encore revu l’édition de son ouvrage magistral en 1602. (En savoir +)

Antoine de Pluvinel
Écuyer ayant formé trois rois de France (Henri III, Henri IV et Louis XIII), il est surnommé le « père de l’équitation française » par les historiens. Antoine de Pluvinel (1555-1620) enseigne à Paris, au Louvre. Auteur de L’Instruction du Roi en l’exercice de monter à cheval, paru en 1623 après sa mort, Pluvinel, formé en Italie, se libère de l’influence italienne de la Renaissance et fait progresser les méthodes en vigueur qu’il s’approprie en les rendant moins rugueuses, moins dures.
Il ambitionne, dans ses principes, que les exercices aident « le cheval à prendre plaisir à tout ce qu’il fait jusqu’à ce qu’il y aille librement ». Il considère que le dressage n’est pas seulement une gymnastique mais une éducation qui s’adresse à l’intelligence du cheval et vise à « lui donner de l’esprit ». (En savoir +)

François de La Guérinière
Écuyer considéré comme un des plus grands maîtres de l’école classique et de l’histoire de l’équitation, La Guérinière (1688-1751) reçoit son brevet d’écuyer en 1715 puis enseigne à Paris, au Manège royal des Tuileries (rue de Rivoli). Son livre École de cavalerie, publié en 1729, est considéré comme la « bible équestre », référence des grandes écoles européennes. Rédigé dans une langue admirable, il décrit les mouvements et airs de manège dont il précise les qualités.
Dans cet ouvrage, il donne une place importante à l’hippologie et aux maladies du cheval, ainsi qu’à la définition précise et équilibrée des termes de l’art équestre, dont l’épaule en dedans ou la descente de main.
Il décrit cette équitation qui devient « classique », rationnelle, destinée aux usages de la guerre, des académies et des carrousels, visant un idéal de perfection. (En savoir +)

Pierre-Antoine Aubert
Écuyer français, né vers 1783, mort en 1863. Aubert avait reçu une bonne éducation et fait de fortes études. L’enseignement d’Aubert est dans la ligne classique, celle de d’Abzac, de la Grande écurie de Versailles, et du Marquis de Chabannes ; il passera à l’École de Vienne. Aubert a été un écuyer « fidèle aux doctrines de la vieille équitation française » ; il sera l’ennemi déclaré de Baucher et de sa méthode nouvelle.
Ses préceptes concernant la position à cheval sont irréprochables et on n’a guère mieux dit. Quant à ses principes généraux et au détail de son instruction, ils sont conformes à l’enseignement classique de la Grande Écurie de Versailles et reposent sur une longue expérience et un tact remarquable, associés à un sens pratique qui font la valeur de ses livres.
Il publie son Traité raisonné d’équitation selon les principes de l’École française en 1836, ouvrage particulièrement détaillé que complète un album de planches, remarquable témoignage des pratiques de l’école classique, à l’origine de cette équitation de tradition française dont le rayonnement dépasse désormais nos frontières. (En savoir +)

Antoine d’Aure
Le comte d’Aure (1799-1863), haut fonctionnaire, intègre la Grande Écurie de Versailles, nommé écuyer cavalcadour de Louis XVIII; il conserva cette fonction sous Charles X.
Adepte des principes classiques, il écrit un traité qui comporte une histoire de l’équitation. Il développera la pratique de l’équitation d’extérieur à l’anglaise, avec un goût marqué par « l’obsession du mouvement en avant, dans l’équilibre naturel ». Il sera choisi, face à Baucher, pour devenir le premier à porter le titre d’écuyer en chef de l’École de Saumur de 1847 à 1855. Après Saumur, le général Fleury le fit nommer commandant des écuries de Napoléon III, puis écuyer de l’Empereur et, enfin, en 1861, Inspecteur général des Haras.
D’Aure, à l’adresse et au tact prodigieux, cultive, à côté de la tradition, une équitation naturelle utilisant le cheval tel que la nature l’a construit. Son Cours d’équitation s’adresse aux civils comme aux militaires pour que le cheval « vienne sur la main en veillant au mouvement en avant ». Il est novateur en ce sens que l’importance qu’il donne à l’équitation d’extérieur est à l’origine lointaine de l’équitation sportive moderne, ainsi que d’une conception simple de l’équitation qui reste utile pour les pratiquants d’aujourd’hui. (En savoir +)

François Baucher
Écuyer de cirque de la seconde moitié du XIXe siècle, François Baucher (1796-1873) est à l’origine d’un courant appelé le bauchérisme. Après l’expérimentation de sa méthode à Saumur, il ne deviendra pas écuyer en chef, mais son influence sera très grande, et son opposition avec le comte d’Aure reste légendaire. Sa méthode, qu’il ne cessera jamais de faire évoluer, gagnera en notoriété grâce à ses succès au cirque et à ses très nombreux élèves, dont Raabe. Découpée en deux parties : 1. Préparer par les flexions à pied puis monté ; 2. Assembler par un travail d’ensemble monté. Objet de nombreuses controverses et polémiques, Baucher sera en opposition avec Aubert, le représentant de la tradition classique, et surtout en conflit permanent avec son opposant légendaire : le comte d’Aure.
Baucher reste comme le chef d’école le plus marquant du XIXème siècle. Sa méthode d’équitation, basée sur de nouveaux principes et procédés qui visent « à annihiler les forces instinctives », s’appuie sur un travail préparatoire non monté et les flexions. Il accèdera à la célébrité grâce à ses formules comme : « Main sans jambes, jambes sans main » et surtout par sa recherche de la légèreté. (En savoir +)

Alexis L’Hotte
Le général L’Hotte (1825-1904), brillant officier de cavalerie, fut écuyer en chef du Manège de Saumur et général commandant de l’École de cavalerie. Écuyer surdoué, il brille sur ses chevaux Zégris ou Laruns. Ami et disciple de deux maîtres qui s’opposent, le comte d’Aure et François Baucher, il saura tirer le meilleur parti des deux approches, qui pourtant s’opposent.
Il a pris une part prépondérante dans la rédaction du règlement de 1876 dont seront inspirés les règlements d’équitation. Il rédigera deux ouvrages fondamentaux qui paraîtront après sa mort : Un officier de cavalerie (1905) et Questions équestres (1906). Le second est cité par l’UNESCO comme renfermant les principes de l’équitation de tradition française. L’Hotte accèdera à la célébrité grâce à ses formules comme : « Calme, avant, droit » et « L’emploi des seules forces utiles » ; ou encore : « Marier impulsion et flexibilité ». (En savoir +).
Les deux ouvrages : 1905 (Un officier de cavalerie) et 1906 (Questions équestres).

Albert Decarpentry
Le général Decarpentry (1878-1956) fut écuyer du Cadre noir et deviendra commandant en second l’École de cavalerie, à Saumur (1925-1931), mais, blessé à la guerre, il ne pourra pas revenir au Cadre noir.
Dresseur expert, il est l’un des principaux rédacteurs du premier règlement de dressage de la Fédération équestre internationale (FEI), qui paraît en 1929. Rédigé pour « préserver l’art équestre des altérations auxquelles il peut être exposé et de le conserver dans la pureté de ses principes pour le transmettre aux générations futures ». Excellent pédagogue, auteur brillant par son analyse et la précision de sa rédaction, il va fixer les éléments fondamentaux de l’équitation de tradition française dans son célèbre livre Équitation académique.
Puis cet expert du bauchérisme publie un livre de référence : Baucher et son école ; il proposera à la Fédération française de fixer une méthode officielle pour le dressage de haut niveau : ce sera le tome 2 d’Équitation académique, ouvrage essentiel qui s’appuie sur la méthode de haute école de Raabe. (En savoir +)