Le lieutenant-colonel Michel Autran est entraîneur de Dressage, ancien chef des sports équestres militaires et ancien écuyer du Cadre noir.
Quel est votre parcours équestre ?
J’ai commencé à monter à cheval à Saumur en 1974 à la section équestre militaire. Mes instructeurs, les « maîtres » Bachelier et Renaud appartenaient au Cadre noir qui était encore installé en ville dans les écuries historiques devant l’école de Cavalerie. Il y avait des chevaux partout sur l’esplanade équestre du « Chardonnet » et le jeune garçon que j’étais était très impressionné par la ferveur qui y régnait. Ma passion pour l’équitation a pris naissance à cette époque.
J’ai continué plus tard à monter à cheval à Draguignan à la section équestre militaire où je retrouvais un ancien du Cadre noir, Jean-Pierre Tuloup, qui m’a fait passer mon second degré et m’a perfectionné en Dressage.
Intégrant ensuite l’institution militaire, j’ai poursuivi la pratique quotidienne de l’équitation en parallèle de ma carrière en école d’officiers puis comme officier parachutiste en régiment avec l’idée d’intégrer à l’avenir les sports équestres militaires et le Cadre noir.
Très tôt, j’ai acheté mon premier cheval Quino, un anglo arabe de deux ans et demi que j’ai débourré en décembre 1984, sorti en compétition du cycle classique JC de concours complet, puis en épreuves nationales, jusqu’à la coupe de France de CCE qui se courait à l’époque à Maison-Laffitte.
J’ai monté en compétition dans les trois disciplines mais le goût pour le concours complet a été renforcé par l’accompagnement technique dont j’ai pu bénéficier avec les enseignants d’Alain Lhuissier et de Jean-Marie Gondrexon, tous deux cavaliers internationaux.
Pendant 15 ans, obtenant mon BEES1(1990) puis mon BEES 2c(1997), j’ai beaucoup pratiqué cette discipline notamment à Fontainebleau au sein de la section CCE du CSEM (1991-1996), participant à des compétitions internationales militaires et civiles, puis à Saumur quand j’ai rejoint le Cadre noir à l’ENE en 1997-2006.
En 2001, une grave chute de cheval en compétition de concours complet qui me vaudra 5 mois d’hôpital, une dizaine d’opérations et 8 mois de convalescence en piscine, mettra un terme à ma carrière sportive. Ne pouvant plus monter à l’obstacle, ni à la reprise des Sauteurs en liberté, j’ai réorienté ma pratique vers le Dressage, en continuant de monter la reprise de Manège au Cadre noir et en me consacrant désormais à une activité d’entraineur.
De 2003 à 2007, j’ai entrainé une cavalière qui intègrera en 2004 l’équipe de France de Dressage dont le sélectionneur de l’époque est Alain Franqueville. Avec Constance Ménard et sa jument Lianca, qu’elle avait acheté à un de mes amis, Jean-Yves Navarrot, nous avons participé au championnat d’Europe en 2005 à Hagen et au Championnat du Monde en 2006 à Aix la Chapelle.
Depuis j’ai accompagné beaucoup de cavaliers et je me consacre pleinement aujourd’hui à mes activités d’entraineur de Dressage dans le privé, ayant quitté l’institution militaire et mes fonctions de chef des sports équestres militaires en 2018.
Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?
Les principes que j’ai toujours en tête et qui guident ma pratique sont classiques et beaucoup font référence à ceux des grands maîtres.
– La position précède l’action.
– Penser son action avant d’agir.
– Adapter le travail du jour à l’humeur de son cheval.
– Pendant l’apprentissage lui apprendre qu’une seule chose par séance.
– Allez du simple au compliqué, du connu à l’inconnu.
– Se faire comprendre et laisser faire (F. Baucher).
– Tout mouvement est inutile s’il y a une altération de l’allure.
– Demandez peu, recommencez souvent, récompensez beaucoup (Gal Faverot de Kerbrecht).
– Récompenser c’est autant cesser l’action ou diminuer son exigence que de flatter son cheval ou de lui donner une friandise.
– Tout exercice n’a de valeur que si trois conditions sont réunies : impulsion, cadence et décontraction (Col Margot).
– Comprendre « l’esprit » de l’échelle de progression de la FEI .
Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?
– Croyez en votre cheval car c’est vous qui êtes dessus, qui développez une confiance mutuelle et qui ressentez son potentiel.
– Faites-vous comprendre en étant clair dans vos demandes, il vous le rendra et vous étonnera par sa capacité à réussir. Chaque cheval à sa marge de progression, à vous de l’encourager.
– Soyez progressif dans votre travail et réfléchissez beaucoup. Repasser souvent au pas, et recommencez.