Julie Lecuyer est cavalière professionnelle de dressage.
Quel est votre parcours équestre ?
J’ai commencé l’équitation à l’âge de huit ans, sur des chevaux en Normandie, puis à la Cartoucherie de Vincennes et enfin à Bois-le-Roi. Mais tout cela me semblait bien insuffisant pour parvenir à un niveau correct ; j’ai donc décidé de passer mon Brevet d’État au Village Équestre de Conches. Juste après l’obtention de mon diplôme, j’ai repris un centre équestre aux environs de Lyon. J’ai alors racheté un très bon cheval en fin de carrière, Flambau, un cheval belge de treize ans, qui m’a véritablement transmis le goût du dressage.
Cette expérience, difficile mais enrichissante, a duré six ans. Durant cette période, j’ai multiplié les stages à l’ENE. J’ai ensuite travaillé comme monitrice au Tournebride (69), où je m’occupais des élèves du niveau débutant au galop 7 ainsi que des compétiteurs.
J’ai ensuite été embauchée au Musée Vivant du Cheval à Chantilly en tant que cavalière de spectacle pendant un an. C’est là que j’ai rencontré mon mari ; ensemble, nous nous occupons du Haras d’Ysieux à Chaumontel (95) depuis vingt‑cinq ans, où nous développons à présent l’élevage de chevaux de sport, la pension pour chevaux de propriétaires et l’enseignement.
Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?
J’ai toujours été habitée par la passion de mon sport, mais aussi par l’intime conviction que l’on régresse dès que l’on cesse d’apprendre. La compétition a toujours été un moteur pour moi, car elle oblige à avancer et à se remettre en question. Aujourd’hui, la dimension psychologique et physiologique du cheval est pour moi capitale, bien plus que la performance. C’est le juste dosage entre l’excellence technique et la parfaite connaissance physiologique et psychologique de sa monture qui apporte de vrais résultats.
Savoir attendre et comprendre est aujourd’hui un chemin qui s’impose comme une évidence ; l’élevage permet d’appréhender tout cela également.
J’essaie de faire en sorte que ma pratique repose toujours sur un respect physique et psychologique, tout en continuant d’avancer techniquement — les rendre savants et heureux ! Et surtout, créer un lien.
Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?
– Ne jamais cesser d’apprendre et de comprendre,
– Retrouver la simplicité et la confiance,
– Ne jamais dissocier le travail de la relation.