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L’Équitation française, un patrimoine vivant, et pour vous, Philippe Rozier ?

Photo de couverture : Clément Bucco-Lechat, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Philippe Rozier est cavalier olympique et entraîneur.

Quel est votre parcours équestre ?

Issu d’une famille de cavaliers, je suis la troisième génération, après mon grand-père et mon père, à être cavalier professionnel. J’ai toujours été baigné dans ce milieu.

C’est à dix-sept ans que j’ai décidé de tenter ma chance et de faire de ce sport mon métier. La barre était haute, avec un père champion olympique.

À dix-huit ans, je devenais champion d’Europe junior par équipe. Deux ans après, je participais à mes premiers Jeux olympiques, à Los Angeles. J’ai participé à cinq éditions des Jeux, jusqu’à Rio en 2016, où nous avons décroché l’or par équipe.

En parallèle, je me suis investi dans le coaching : j’ai notamment été entraîneur de l’équipe du Maroc pendant cinq ans. J’entraîne désormais l’équipe de Monaco depuis six ans.

Ce que je retiens de ma carrière, c’est avant tout sa longévité. J’ai réussi à évoluer pendant quarante-cinq ans à haut niveau. Atteindre ce niveau d’épreuves est une chose, mais s’y maintenir en est une autre. J’ai décidé d’arrêter de concourir au niveau 5* l’an dernier, pour éviter l’année de trop. Il était important pour moi de rester sur de bonnes choses. En revanche, je suis incapable d’arrêter de monter totalement : je suis encore en bonne santé et j’ai de bons chevaux, mais je compte m’effacer progressivement.

Je suis d’ailleurs directeur sportif du Polo Club de Saint-Tropez depuis trois ans. J’ai contribué à développer les compétitions : nous organisons quatorze dates par an, dont un international au niveau 5* en septembre. C’est beaucoup de travail, mais c’est un deuxième métier passionnant. Pouvoir mettre mon expérience de la compétition au service des autres est un vrai plaisir.

 

Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?

Ce qui guide ma pratique, c’est avant tout la passion du cheval – avant même celle du sport. J’ai conscience d’être privilégié et j’y pense chaque jour. J’ai eu la chance de vivre de ma passion, de gagner ma vie et de faire le tour du monde grâce aux chevaux.

 

Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?

– Penser cheval avant de penser au cavalier. C’est un sport qui se pratique à deux, mais, dans ce couple, nous ne sommes que le prolongement du cheval, qui est le vrai sportif. Ce sport est devenu difficile, tout comme réussir à trouver les bons chevaux et à les former pour atteindre un niveau de plus en plus relevé.

– Être patient : c’est beaucoup d’échecs pour une victoire.

– Être courageux et travailler. Je pense que, comme dans tous les autres sports et métiers, tout est de plus en plus technique. Il n’y a plus de place pour les amateurs, il faut travailler pour se professionnaliser. Cela implique des sacrifices, personnels et familiaux, qu’il faut accepter. On pense cheval, on vit cheval. Nous, cavaliers professionnels, devons être extrêmement polyvalents : nous ne sommes pas que des pilotes mais aussi des chefs d’entreprise. Pour arriver à un parcours de deux minutes en compétition, il y a une quantité de travail énorme en amont.