Inès Ferté est enseignante et dirigeante du poney-club d’Avançon.
Quel est votre parcours équestre ?
J’ai commencé à monter à poney vers l’âge de sept ans, à Bois-Guilbert, lorsque mon père, Louis de Pas, a importé ses premiers poneys Shetland : nous ramenions les moutons à la ferme, à poney et à cru.
Quand il a créé son premier poney-club à Bois-Guillaume en 1965, j’ai appris à monter à travers des jeux : en effet, il s’inspirait beaucoup des méthodes pédagogiques actives utilisées alors en ski. J’ai pris quelques cours au « manège » de Rouen pour passer mon premier degré, mais je trouvais ces séances rébarbatives. Assez vite, j’ai aidé mon père dans l’animation des reprises et, quand je suis allée à Dourdan pour l’installation d’une section poney-club, en 1969, j’ai pu passer mon second degré avec François Lucas. J’avais 16 ans.
Mes études à l’Institut National Agronomique, puis mon mariage avec Marc Ferté et l’arrivée de nos enfants ne m’ont guère laissé le temps de continuer à monter assidument à cheval. Mais j’avais créé mon poney-club à partir des poneys Welsh de notre élevage, et j’ai dû me débrouiller pour prendre des cours et passer mon BEES 1 en candidat libre en 1981.
En 1977, j’ai participé aux premières journées pédagogiques du Poney-Club de France. Et en 1985, Serge Lecomte m’a demandé de devenir présidente de la commission pédagogique : avec une équipe d’enseignants passionnés, nous avons pu mener des travaux sur l’utilisation des pédagogies ludique et active en équitation, ainsi que sur la connaissance des différents publics.
Je suis très peu montée en compétition, mais j’aime beaucoup préparer les enfants qui le souhaitent à devenir compétiteurs et à travailler sur eux-mêmes pour progresser. Et en semaine, je travaille régulièrement mes poneys pour qu’ils permettent aux cavaliers d’apprendre une équitation juste.
Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?
Observer et progresser :
– J’observe beaucoup mes poneys, leurs attitudes à l’écurie, leur comportement, ce qu’ils me disent de leurs cavaliers. Je suis attentive et très intéressée par tout ce qui relève du bien-être animal.
– J’observe mes cavaliers et la façon dont ils évoluent : je leur laisse le choix pour qu’ils fassent ce qu‘ils se sentent capables de faire. Je les fais s’exprimer le plus souvent possible.
– J’observe les pratiques différentes : mes collègues sur les détentes, les propositions des formateurs que je fais venir pour mes cavaliers, ainsi que des livres ou des vidéos qui pourraient répondre à mes questions ou enrichir ma pratique.
Garder le plaisir :
– Le mien d’abord, en profitant de cette magnifique relation avec les poneys et avec les enfants, et en cherchant toujours à être créative.
– En mettant comme objectif prioritaire le plaisir des cavaliers, depuis les débutants jusqu’à ceux qui sortent en compétition, même si, au fond de moi, existe une exigence pour progresser.
Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?
– Vivre pleinement cette relation subtile au cheval qui nous ancre dans le réel.
– Être curieux et toujours en recherche du mieux pour affiner cette relation, à pied comme à cheval.
– Être patient et bienveillant dans la progression de son élève, qu’il s’agisse du cheval ou du cavalier.