Christophe Chaussy est dresseur, cascadeur et voltigeur.
Quel est votre parcours équestre ?
J’ai commencé l’équitation en Camargue, avec l’Amicale Équestre de la Montagnette, à Barbentane. En 1976, à l’âge de huit ans, j’ai eu ma première jument : Mignonne. Puis mon père m’a offert un autre cheval à Noël, Flamand, lorsque je devais avoir douze ans. C’est avec mes deux premiers chevaux que je suis devenu cavalier gardian aux côtés de mon père, pour trier les taureaux à cheval.
Par la suite, je suis devenu acrobate au sein de l’Amicale, jusqu’à être demandé en dehors de l’association. C’est là que je suis devenu voltigeur.
Mais j’ai aussi voulu apprendre à monter « correctement » en prenant des cours d’équitation classique. Je suis allé me former pour devenir moniteur d’équitation auprès d’Elisa Moya, du Centre Équestre d’Avignon, à partir de 1989. Une fois mon BEES 1er degré obtenu, en 1991, je suis allé faire mes armes en tant qu’enseignant dans un centre équestre à Nîmes. J’y suis resté de 1992 à 1998. Après cette expérience, j’ai travaillé pendant deux années à la création de mes écuries. En novembre 2000, le Centre Équestre de Barbentane ouvrait ses portes.
En parallèle, j’ai continué à faire du spectacle, en France et à l’étranger. Je suis notamment allé en Belgique, en Suisse, en Espagne, au Danemark, au Maroc, où j’ai travaillé pour le roi Mohammed VI. En 1992, deux mois après ma sortie de l’armée en octobre et alors que je n’avais que vingt-quatre ans, j’ai eu carte blanche de la part des organisateurs du CHI de Genève pour monter un spectacle avec mes Camargues. Parmi les souvenirs qui m’ont particulièrement ému dans ma carrière, je repense à la fin d’un spectacle à Séville en 2011. L’organisateur m’a demandé de me rendre au centre de la piste, accompagné de mon cheval sur la tête duquel on avait posé une couronne de laurier, sous une ovation. Quelle fierté, à pied, aux côtés de mon Camargue, dans le temple du cheval espagnol ! J’ai ensuite été rejoint par Alvaro Domecq et l’École Royale Andalouse d’Art Équestre, ainsi que par le champion du monde de tir à l’arc à cheval Lajos Kassai et le champion d’Espagne de dressage de l’époque.
Mais surtout, j’ai continué à me former. J’ai suivi une formation d’acrobate chez les Fratellini en 1993 et rencontré Andy Booth, dans les années 2000, pour perfectionner le travail en liberté avec mes chevaux. Vers 2012, j’ai également cherché à me perfectionner en dressage auprès de Frédérique Cantrel-Grimaud, championne d’Europe d’équitation de travail. Je voulais monter le plus proprement possible. Tout ce travail m’a conduit jusqu’à Cheval Passion, en janvier 2026, où j’ai reçu le Prix spectacle de la MFCE. J’en garde un souvenir ému, d’autant plus que je ne m’y attendais pas ! Après le spectacle, je suis parti me reposer. Quand ma femme m’a appelé pour assister à la remise des prix, j’étais le seul à ne pas être en tenue : je n’imaginais pas être nommé. Cela récompense tout le travail fourni jusqu’ici ainsi que ma recherche permanente de progresser, en continuant à me former et apprendre.
J’ai également formé de nombreux élèves, devenus cavaliers professionnels dans le monde du spectacle, au Puy du Fou par exemple, ainsi que Léa Vicens, figure de la tauromachie à cheval.
Durant mon parcours, j’ai été beaucoup soutenu par ma famille et ma femme.
Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?
D’abord, il est pour moi essentiel de savoir se remettre en question. Par exemple, formateur depuis de nombreuses années, j’ai demandé à entrer en formation spectacle à l’IFCE il y a trois ans. Rester humble et se remettre en question sans cesse est ce qui nous permet de chercher à être toujours meilleur. On ne sait jamais vraiment ce qu’est l’équitation, on en apprend tous les jours.
Ensuite, être à l’écoute des chevaux et savoir s’adapter à chacun. Pour arriver au même résultat technique entre deux chevaux, il faut une façon de communiquer, d’amener les apprentissages, qui soit propre à chacun. À la fin, le public ou le jury applaudit tous les chevaux sans différence. À ce sujet, le travail en liberté m’a énormément apporté pour le dressage de mes chevaux.
Enfin, chercher à être bon partout. Si plus jeune j’étais meilleur en voltige qu’en dressage et en liberté, le physique évoluant – et c’est parfois frustrant – je dois adapter mes attentes en tant que voltigeur. Mais chercher à être performant et polyvalent est important pour moi. J’ai d’ailleurs un staff médical, paramédical et d’entraînement autour de moi qui est essentiel dans cette démarche.
Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?
– Le conseil numéro un, selon moi, c’est la passion. On ne peut faire ce métier sans passion. Les chevaux sont toute ma vie et je donne toujours le maximum, que je sois à l’entraînement ou au spectacle. C’est un métier très prenant et, sans passion, on ne va pas très loin.
– Être attentif au dressage de ses chevaux. Pour moi, un cheval avec de bonnes bases de dressage peut tout faire ensuite. C’est un tronc commun, à la manière du Galop 7 pour le cavalier qui s’orientera ensuite vers une discipline ou une autre. Le dressage permet de progresser dans toutes les disciplines.
– Le dernier conseil reprend les principes que j’ai donnés juste avant : savoir rester humble et se remettre en question, mais aussi bien s’entourer en étant accompagné de bons enseignants. Et penser à rester à l’écoute, être pédagogue et un peu psychologue avec nos chevaux, comme avec nos élèves !