Isabelle Judet est cavalière, entraîneur et juge international de dressage.
Quel est votre parcours équestre ?
Je suis tombée amoureuse des chevaux lorsque j’étais encore une jeune enfant. Issue d’une famille peu encline à la pratique de l’équitation, j’ai tout de même commencé en club. Mais cette étape a rapidement été interrompue par le déménagement du club loin du domicile familial. À partir de ce moment, j’ai cherché toutes les occasions possibles pour côtoyer les chevaux : avec les gardians en Camargue, chez des amis vivant à proximité et ayant des chevaux au pré sur leur propriété, à l’entraînement aux courses à Maisons-Laffitte… Tout cela a de nouveau été interrompu lorsque je me suis lancée dans des études supérieures.
Grâce à la rencontre de mon futur mari, j’ai repris la pratique du dressage, discipline dans laquelle j’ai fait ma carrière en tant que cavalière professionnelle et entraîneur. En parallèle, j’ai découvert et appris le jugement auprès d’un ami, juge international. Avec mon mari, nous avons fondé une écurie de dressage, impliquant la gestion et le travail des chevaux au quotidien. J’ai ensuite développé mon expérience de juge : depuis 1989, je suis juge international officiel 5* de la Fédération Équestre Internationale (FEI).
Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?
En tant que cavalière et coach :
Essayer de toujours privilégier l’intégrité physique et mentale du cheval. Ne jamais oublier qu’il est un athlète comme nous, dont l’évolution est comparable à celle d’un humain pratiquant une activité physique. Il faut donc veiller à tous les aspects de son développement physique, de sa croissance, de son entretien musculaire, de son bien-être mental, de son moral, en variant les séances afin qu’il ne se lasse pas. En un mot, l’accompagner en recherchant l’harmonie optimale à l’entraînement, tout en respectant un temps important au pré, dans son environnement naturel.
En tant que juge :
Appliquer les principes de l’équitation classique, résumés dans le règlement de la Fédération Équestre Internationale. Garder mon indépendance et mon intégrité, ne pas subir les pressions de toutes sortes. Ne pas céder aux modes quand elles vont à l’encontre de l’harmonie et du respect du cheval.
Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?
– Choisir un enseignant compétent et respectueux des critères précités.
– Apprendre à être attentif à ce que son cheval exprime et veiller à ne rien négliger pour lui apporter les meilleurs soins lorsque nécessaire.
– Ne rien vouloir obtenir par frustration et par la force. Ne pas exiger de son cheval ce qu’il ne peut pas donner, que ce soit trop tôt ou parce que cela lui est impossible. Accepter de se remettre en question, de revenir en arrière si nécessaire en repartant sur des bases saines, et ne pas chercher à briller au détriment de son cheval.