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L’Équitation française, un patrimoine vivant, et pour vous Nicolas Sanson ?

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Nicolas Sanson est cavalier, formateur, ancien écuyer du Cadre noir.

Quel est votre parcours équestre ?

Un parcours guidé par la passion et la transmission. Avant même d’en faire un métier, j’ai d’abord aimé les chevaux — profondément, simplement. Très tôt, j’ai pris plaisir à transmettre, dès l’âge de 16 ans, en encadrant des séjours équestres pour enfants. Devenu moniteur, puis Professeur de sport et Écuyer du Cadre noir de Saumur, j’ai consacré plus de trente ans à l’enseignement, à la recherche et à la transmission au sein de l’École nationale d’équitation. Aujourd’hui, comme formateur et entraîneur indépendant, je poursuis cette mission : accompagner les cavaliers et les chevaux dans une équitation vivante, sensible et respectueuse du vivant. Mon travail s’appuie sur la rencontre de deux intelligences — celle du cavalier et celle du cheval — dans une recherche d’harmonie, d’autonomie et de cohérence.

 

Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?

L’équitation : un sport, mais pas seulement

L’équitation est le seul sport individuel qui se pratique à deux. Mais ce n’est pas qu’un sport : c’est une aventure humaine, culturelle et écologique, un espace où se rejoignent la terre, le corps et l’esprit. Elle s’inscrit pleinement dans le triptyque qui fonde le patrimoine équestre français :

– Agriculture : L’aventure du vivant ; Une relation sensible et respectueuse au cheval, compagnon de travail et partenaire d’équilibre. Une démarche agro-écologique, fondée sur le soin, l’observation et la responsabilité.

– Culture, patrimoine et tradition : Les racines du présent ; L’héritage de la légèreté et de l’élégance de l’équitation de tradition française. Un art du lien, du geste juste et de la transmission vivante, fidèle à une éthique du respect et du partage.

– Sport, performance, loisir, éducation, civisme et santé ; Une discipline complète qui développe le sens de l’effort, la maîtrise de soi, la coopération et la conscience du corps.

L’équitation forme à la fois des athlètes du sensible et des citoyens attentifs au vivant.

 

Une pédagogie du ressenti et de l’autonomie

Je crois profondément que le cheval et le cavalier ne forment qu’un être en mouvement.

Cette unité se construit par la confiance, la clarté et la bienveillance.

Le cheval apprend dans le concret, par l’expérience du corps et la régularité des signaux.

Le cavalier, lui, apprend à travers la conscience, l’observation et la mise en mots.

Relier ces deux mondes — celui du sensible et celui de l’abstrait —, c’est le cœur même de la pédagogie équestre.

J’enseigne une pédagogie fondée sur l’écoute, la cohérence et le respect.

L’équilibre, la coordination et l’aisance sont les fondations de cette danse à deux, où 1 + 1 = 1.

La technique n’a de sens que lorsqu’elle éclaire le mouvement vivant et sert une intention.

 

Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?

Trois repères pour une équitation vivante :

  1. Aimer avant d’agir. C’est dans la relation, et non dans la domination, que naît la justesse du geste et la confiance réciproque.
  2. Pratiquer avec curiosité et humilité : Le progrès naît de l’écoute, de la remise en question et de la recherche de compréhension.
  3. Cultiver la joie du mouvement partagé : L’équitation n’est pas la quête du « toujours mieux », mais celle du « mieux possible dans l’instant présent ». La vraie performance réside dans la cohérence du couple et le plaisir d’être ensemble.