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L’Équitation française, un patrimoine vivant, et pour vous, Olivier Puls ?

Olivier Puls est cavalier, enseignant et ancien écuyer du Cadre Noir.

 

Quel est votre parcours équestre ?

J’ai découvert le cheval à l’âge de neuf ans lors de vacances dans les Pyrénées, mais j’ai commencé à monter d’une manière régulière à quatorze ans. Après mon BEPC, j’ai décidé de faire un métier avec les chevaux. Je suis entré en formation à quinze ans à l’École Nationale des Haras (Haras du Pin). J’en suis ressorti en 1979 avec un CAPA de cavalier-soigneur. J’ai travaillé cinq ans dans diverses écuries, jusqu’à passer le BEES 1er degré en 1985. J’ai ensuite occupé un poste de moniteur dans un centre équestre près de Valenciennes durant un an et demi. Suite à cette expérience, j’ai préparé le BEES 2 à l’ENE de Saumur, après avoir réussi le concours d’entrée (promotion 1987-88). J’ai ensuite décidé de continuer ma formation à l’étranger dans des écuries de concours ou comme enseignant (Belgique, Angleterre, Italie, Suisse). Se sont enchaînées des places d’instructeur en Alsace et en Vendée, où j’ai travaillé à la formation de cavalier(es) pour le spectacle du Puy du Fou. Puis, j’ai repris en gérance une École d’Équitation à Saint-Laurent-sur-Sèvre et créé un an plus tard le Poney-Club des Herbiers. Après trois ans et demi à mon compte, j’ai repris un poste d’instructeur à la SHY de la Roche-sur-Yon, avant de faire les tests d’entrée au Cadre noir de Saumur, que j’ai réussis. J’y suis rentré en 1999 et y suis resté vingt-trois ans. En 2023, je suis parti aux Etats-Unis, pour me perfectionner auprès de Bettina Drummond.

 

Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?

Les principes de l’Équitation Française guident ma pratique, dont quatre, omniprésents :
– La recherche permanente de la décontraction. C’est la base pour avoir l’adhésion du cheval. Quand le général L’Hotte écrit, « calme, en avant et droit », la décontraction est sous-entendue dans « calme ».
– Progresser lentement pour avoir des résultats rapides. J’ai un plan dans mon travail et j’attends que les chevaux passent tranquillement les étapes.
– Je reprends une phrase de Rudolf Steiner : « mettez tout en place pour aider l’animal à trouver la bonne réponse ». Quand je rencontre un problème de résistance, je recherche toujours la cause afin de mettre en place une situation qui sera la solution.
– J’ai toujours une phrase du général Durand en tête : « mettre le cheval en équilibre et l’y maintenir sans effet de force ».

 

Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?

– Parmi les plus grands progrès des dernières années, on retrouve deux domaines : la biomécanique et l’éthologie. Améliorez vos connaissances dans ces deux domaines vous permettra d’assurer l’intégrité physique et mentale de votre cheval. Le premier, la biomécanique, est indispensable pour mieux comprendre l’utilité des exercices, des enchaînements et des postures. Le colonel Jousseaume a écrit : « Le but est d’améliorer les allures naturelles et non de les déformer ». Lorsque j’ai préparé le D.U en éthologie à l’université de Rennes, j’ai appris énormément de choses sur le sujet. Cela m’a permis de devenir une ressource pour tous les chevaux dits « difficiles » que l’on me confiait à l’IFCE.
– Le deuxième conseil est de vous documenter sur les écrits des grands maîtres. Vous y trouverez une mine d’informations. Par exemple, j’ai retrouvé dernièrement dans l’École de Cavalerie de François Robichon de la Guérinière (1733), un exercice que m’avait conseillé Patrick Le Rolland : les deux bouts dedans. Il a été complétement oublié alors que c’est un exercice formidable à la préparation de l’épaule en dedans et de l’appuyer. D’une manière générale, soyez curieux.
– Enfin, développez votre ressenti et mettez de l’intention dans vos demandes. Soyez dans l’instant présent. Le but est d’obtenir un cheval qui se tient tout seul, léger à la main et aux jambes.