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L’Équitation française, un patrimoine vivant, et pour vous, Béatrice Fletcher ?

Béatrice Fletcher est instructrice et journaliste.

 

Quel est votre parcours équestre ?

La découverte de l’équitation dans mon enfance a déclenché une passion dont j’ai décidé de faire mon métier. J’ai eu le privilège de bénéficier d’une formation classique à l’École Nationale d’Equitation de Fontainebleau, puis au Cadre Noir de Saumur, où j’ai obtenu successivement le monitorat (Brevet d’État d’éducateur sportif 1er degré), puis le diplôme d’instructeur (BEES2).

Après un poste d’enseignante dans un centre équestre parisien, j’ai créé un poney club baptisé « Nature et Poney », en Lorraine, où j’accueillais des enfants lors de stages équestres multi-activités. J’ai ensuite repris la gérance d’un centre équestre dans la Sarthe qui accueillait une cinquantaine d’équidés et environ 250 cavaliers réguliers. Au sein de cet établissement, je formais des enseignants, et organisais de nombreuses compétitions de concours complet d’équitation.

De 1997 à 2007, l’UNIC (Union Nationale Interprofessionnelle du Cheval) m’a confié une mission de développement en Malaisie. En tant que coach de l’Unité royale de cavalerie, j’ai importé une quinzaine de chevaux de selle français, formé les unités montées de l’armée, des polices nationale et municipale, formé les enseignants locaux et introduit le horse-ball, notamment auprès des cavaliers de l’état de Terengganu, sur des chevaux locaux (Kuda Padi). Il m’a été donné de contribuer au rayonnement du savoir-faire français en organisant de multiples interventions avec des vétérinaires, maréchaux-ferrants, juges de dressage et professionnels français de diverses disciplines. Durant deux ans, j’ai supervisé la création ex nihilo d’un centre équestre/polo club à Kuala Lumpur (250 boxes), pour lequel j’ai importé des chevaux et poneys français.

Depuis mon retour en France, j’ai poursuivi mes activités de journaliste pour le magazine l’Éperon, auquel je collabore depuis 1991, mais aussi participé à des missions éditoriales, de traduction et de rédaction pour les éditions Belin.

 

Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?

Avant tout la justesse de la locomotion et du fonctionnement du cheval, le respect de son intégrité physique et morale, ainsi que la richesse de la relation avec le cavalier, quel que soit son niveau de compétence. Faire preuve de calme, de maîtrise de soi  et de patience, savoir doser ses demandes, détecter les signes de stress ou d’incompréhension afin d’établir une relation de confiance, en particulier avec les jeunes équidés. Être juste, cohérent, précis, ferme et rassurant. Savoir s’adapter à tout type d’équidés. Faire preuve d’humilité et de bienveillance, car le savoir-faire n’exclut pas le savoir-être.

 

Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?

Concernant les pratiquants novices, prendre le temps de découvrir les spécificités du cheval en tant qu’être vivant avant même de le monter, et choisir avec soin une structure équestre gérée par des professionnels dont le souci permanent est le bien-être des équidés.  Pour les compétiteurs, veiller à ne pas mettre le cheval en difficulté par manque de préparation, ne pas exiger d’efforts démesurés, à l’entraînement comme en compétition, planifier sa saison avec modération et pertinence, et ne pas hésiter à solliciter les conseils d’un professionnel.