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L’Équitation française, un patrimoine vivant, et pour vous, Philippe Mull ?

Philippe Mull est écuyer du Cadre noir et entraîneur du Pôle France FFE relève.

 

Quel est votre parcours équestre ?

Je suis issu d’une famille de cavaliers. Mon père, André Mull, était cavalier de concours hippique de haut niveau, vice-champion de France, et a dirigé le centre équestre de Strasbourg jusque dans les années 1980. Mon oncle, Michel Mull, était lui aussi cavalier de haut niveau, mais en concours complet. Il était écuyer au Cadre noir et a notamment participé aux championnats d’Europe ainsi qu’à de grands concours comme Badminton, Burghley… Baignant dans l’univers des chevaux, j’ai naturellement suivi les traces familiales et décidé de faire de ma passion mon métier.

C’est en passant le monitorat à l’UCPA que j’ai rencontré Jean-René Lacrosse, qui m’a orienté du concours hippique vers le concours complet. Je suis resté à l’UCPA de 1984 à 1986, participant à mes premiers concours complets avec L’enfant de Baudy, avec lequel j’ai atteint le niveau international. J’ai alors été repéré par Jean-Paul Bardinet, entraîneur de l’équipe de France de l’époque. J’ai ainsi intégré l’écurie nationale, à Saumur, où j’ai fait mes armes pendant trois ans aux côtés de Jean-Paul et de Tristan Chambry. Lors du départ de Jean-Paul, j’ai rejoint l’École nationale d’équitation en tant qu’écuyer, ce qui m’a permis de poursuivre le sport de haut niveau.

Vers la fin de ma carrière sportive, j’ai décroché un titre de vice-champion du monde par équipe à Pratoni, en 1998, avec Viens du Frêne.

En parallèle, Thierry Touzaint m’a proposé de devenir entraîneur des équipes de France junior et jeunes cavaliers. J’ai occupé cette fonction pendant quinze ans. Par la suite, je suis devenu entraîneur au Pôle France FFE relève lors de sa création en 2009, poste que j’occupe toujours aujourd’hui.

 

Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?

Ce qui guide ma pratique depuis toujours, que ce soit en tant que cavalier ou entraîneur, c’est avant tout la passion, mais aussi le respect du cheval. Comprendre son cheval, son fonctionnement, ses qualités, ses limites, est essentiel pour ne pas tomber dans un rapport coercitif et construire une relation juste.

Dans mon activité au Pôle France, le travail concernant l’équilibre du cavalier est fondamental. Tout ce qui se passe sur le dos du cheval a des conséquences directes sur sa locomotion et sa qualité de saut. L’objectif est donc de limiter au maximum les gestes parasites, afin d’être en harmonie avec son cheval. Dans cette logique, a été développé Mazarin, un outil constitué de différents capteurs placés sur le cheval et le cavalier, permettant de recueillir des données objectives utiles à la compréhension des spécificités de chacun. Associé à la méthode Action Types, qui détermine le profil physique et psychologique du cavalier, le but est de parvenir à affiner la relation entraîneur-entraîné. Mieux comprendre et respecter le fonctionnement des athlètes, cavaliers et chevaux, nous permet de proposer un entraînement plus juste, plus adapté et donc plus performant.

 

Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?

– D’abord, être à l’écoute de son cheval. Prendre le temps d’observer, de comprendre avant d’agir, pour travailler avec justesse.

– Ensuite, être curieux, savoir se remettre en question et s’ouvrir à d’autres disciplines. Dans cet esprit, j’ai effectué un Executive Master d’entraîneur à l’INSEP et je continue de chercher des outils utiles à la compréhension des athlètes dans d’autres sports. Il est important de rechercher ce qui peut nous faire avancer au quotidien. Plus j’avance, moins j’ai le sentiment d’en savoir !

– Enfin, il faut être courageux. Ce métier est très exigeant et ce que l’on voit en compétition n’est qu’une infime partie du travail. Derrière, il y a une implication quotidienne et surtout la nécessité d’être très polyvalent. Un cavalier de haut niveau doit être à la fois athlète, enseignant, chef d’entreprise… et bien plus encore.