Odile Van Doorn est cavalière et enseignante de dressage.
Quel est votre parcours équestre ?
Les chevaux ont, depuis toute petite, nourri mes rêves et mes espoirs. Nous habitions en banlieue parisienne ; personne autour de moi ne pratiquait l’équitation, et je n’ai pu faire mes premiers pas en selle qu’à quatorze ans.
C’est dans un petit centre équestre en Eure-et-Loir que j’ai enfin pu monter, une fois par semaine, avec un ancien adepte de l’écuyer portugais Nuno Oliveira. J’y ai essentiellement pratiqué le dressage dans un très petit manège, sur des pur-sang ou des trotteurs de réforme, et fait de belles balades sous le grand ciel de la Beauce.
Des problèmes de santé ne m’ayant pas permis de poursuivre des études d’ingénieure agronome, j’ai décidé de me consacrer à ma passion de toujours : les chevaux.
Formée par Marieta Almasy, j’ai passé mon monitorat en candidat libre à Saumur et me suis installée à vingt-et-un ans dans une petite ferme aménagée pour accueillir des chevaux, dans les Yvelines. J’y ai créé un centre équestre où je continue, depuis plus de quarante ans, à dresser et enseigner. De gros travaux sont actuellement en cours afin de rénover et d’améliorer les installations, et de me permettre de continuer à former chevaux et cavaliers au dressage équestre dans les meilleures conditions.
Stimulée par mon mari, Daniel Cornier, je me suis peu à peu investie dans la compétition, plus par goût du perfectionnement que par envie de briller.
Mes premiers chevaux, Ifs et Idéal d’Alkenaar, m’ont appris mon métier de compétitrice, puis Marco Polo et Parodie van de Wateringhoeve m’ont ouvert les portes de la compétition internationale. Deux fois championne de France en 2e catégorie, puis deux fois également en 1re catégorie, j’ai aussi remporté les finales des chevaux de 4, 5, 6 et 7 ans, ainsi que réalisé de nombreux podiums. J’ai pu intégrer l’équipe de France lors de plusieurs Coupe des Nations, ainsi que pour les Championnats d’Europe de Hickstead et Turin, et ai été présélectionnée pour les Jeux olympiques d’Athènes.
Cette riche expérience a nourri mon amour du travail des chevaux et de l’enseignement.
Quels sont les principaux principes qui guident votre pratique ?
A-t-on des principes lorsque l’on doute et s’interroge constamment ?
Ce que les chevaux et mes élèves m’ont appris, c’est qu’il faut sans arrêt savoir s’adapter, inventer, chercher. Chaque cheval, chaque couple cavalier- cheval mérite un travail tout en nuances tellement unique !
Mon seul principe pourrait être le suivant : toujours chercher à respecter l’essence de chaque cheval, à le sublimer sans vouloir le faire correspondre à un modèle, parfois imposé par les canons en vogue en compétition. Si le travail est juste, il sera toujours reconnu, tôt ou tard, à sa juste valeur – et sera source de plaisir pour les deux !
Trois conseils que vous donneriez aux autres pratiquants ?
– Soyez patients ! Devenir un cavalier compétent prend du temps, beaucoup de temps. Avec humilité, revisitez sans cesse vos convictions, prenez le temps de comprendre et d’attendre que vos chevaux soient réceptifs.
– Restez à l’écoute ! De votre intuition, de vos sensations, de ce que votre cheval vous inspire. Ne vous laissez pas aveugler par un projet sportif ou une ambition, et restez à hauteur de cheval : les pieds sur terre ou le derrière sur une selle, c’est là qu’il faut être !
– Soyez indulgents ! Indulgents envers vous-même et vos limites du moment – vous les dépasserez un jour –, et envers votre monture. Elle vous donne tout ce qu’elle peut, tout ce que vous lui avez permis de vous offrir.