Le château de Pech Redon (inscrit partiellement aux Monuments historiques depuis 2022) est un très bel exemple de ces domaines que les riches notables se faisaient construire hors des villes. Avec un goût prononcé pour le monumental (les architectes et le décorateur ont travaillé sous la férule de Viollet-le-Duc).
Le banquier Honoré Bourbon achète ainsi en 1832 une métairie sur laquelle il envisage la construction d’un château qui sera inachevé à sa mort, en 1863. D’héritier en héritière, les aménagements se poursuivront jusqu’à l’arrivée de la famille Lambert des Granges, actuelle propriétaire et responsable de la survie de ce patrimoine à la fois classique (maison de maître dite « château ») et agricole et viticole.
Le cheval y a occupé une place qui reflète son usage prépondérant en cette seconde partie du XIXe siècle. Un cheval de prestige côté château (avec écuries, remises, infirmerie, sellerie et forge) et un cheval dédié aux travaux agricoles.
C’est ce dernier usage qui s’inscrit dans les écuries monumentales construites en étrier face au château, séparées de la cour d’honneur par une grille qui n’en masquait pas la vue et par deux abreuvoirs en pierre. Trente-quatre chevaux pouvaient y tenir. Un porche d’entrée, deux ailes et deux pavillons dédiés aux métayers : l’ensemble est véritablement spectaculaire.
Las, le temps a passé, les chevaux ont perdu leur place et les écuries se sont dégradées, quand elles n’ont pas été assignées à d’autres fonctions, peu respectueuses : des cloisons ont fait disparaître dans l’aile Ouest les volumes, tandis que l’aile Est a été transformée en chai et abrite du matériel agricole dont l’inventaire patrimonial sera d’un grand intérêt.
Le projet concerné par la cagnotte concerne d’abord l’aile Ouest, où il faut abattre les cloisons pour restituer le volume, vider, nettoyer, consolider les menuiseries, refaire les enduits… L’objectif est d’en faire une salle accueillant mariages, concerts et réceptions, générant ainsi une source de revenus bienvenue. Dans un second temps, l’aile Est pourrait accueillir un écomusée dédié aux métiers de la vigne et à la présence de l’indispensable partenaire équin.
À cela s’ajoutent les retombées économiques pour le territoire.
Chacun d’entre nous peut, à la hauteur de ses moyens, contribuer à redonner du sens et de la vie à cet ensemble exceptionnel pour lequel la famille Lambert des Granges se bat chaque jour.
Dominique-Laurence Repessé
