Save the date: XIe colloque Cheval&Patrimoine de la Mission française pour la culture équestre

Juil 07 2020

Save the date: XIe colloque Cheval&Patrimoine de la Mission française pour la culture équestre

La MFCE organise son XIe colloque Cheval&Patrimoine le vendredi 9 octobre au Théâtre Municipal de Fontainebleau:

Thème: « De la diffusion des patrimoines équestres militaires dans la société civile. Entre conservation, adaptation et réinvention. »

L’équitation européenne entretient, depuis sa genèse, des relations riches et néanmoins complexes avec l’armée. Le premier traité équestre occidental, œuvre de Xénophon, nourrit le dessein de perfectionner la cavalerie antique grecque, en exposant des recommandations relatives au choix et à l’éducation du cheval de combat, mais aussi à l’instruction du cavalier. La monte médiévale est, dans sa filiation, intrinsèquement liée à l’art de la guerre, associée dans la conscience collective au statut de chevalier. L’émergence en Europe d’une équitation académique, entre le crépuscule du Moyen-Age (Dom Duarte, 1434) et l’aube de l’époque Moderne (la Broue, 1593 ; de Andrada 1599) s’inscrit dans la dynamique de citadinisation des élites. Elle intègre la mise en scène des cours où perdure, toutefois, entre transfert et transformation, l’éloge des qualités chevaleresques. Ainsi, la théorisation de l’équitation émane d’un désir d’extraire le cheval de ses seules activités martiales, pour l’élever au rang de sculpture vivante dont on recherche la grâce. Pourtant, elle reste adjointe à l’instruction de la noblesse, dont la fonction identitaire, dans la société tripartite d’Ancien Régime, demeure la guerre. Le célèbre ouvrage d’Antoine de Pluvinel, Le Manège royal (1623), réédité en 1625 sous le titre évocateur de : Instruction du roi en exercice de monter à cheval, agrégeant l’art de maîtriser un cheval à celui de diriger des hommes en arme, atteste de cette relation essentielle.

La nécessité de dissociation effective entre équitation de cour et besoins guerriers, dont les élites s’émancipent à partir du XVIIe siècle, ne se fait jour en France qu’au XVIIIe siècle. Tandis que François Robichon de la Guérinière, maître du Manège royal des Tuileries, permet à l’équitation française d’atteindre une certaine apogée en termes de technicité et d’élégance, Louis XV réagit en fondant, en 1751, l’École royale militaire de Paris. Destinée à former les futurs cadres del’armée, elle intègre un manège, dirigé par le Colonel d’Auvergne, repositionnant le cheval dans une fonction utilitaire nécessaire à la cavalerie. S’affranchissant des figures de haute école, il privilégie une monte efficace, soucieuse de parvenir à combiner longue chevauchée économisant les montures, et techniques de charge. Considéré comme le père de l’équitation militaire en France, il cristallise une rupture officielle entre équitation de représentation sociale et équitation militaire à vocation martiale, faisant écho à l’éloignement de la noblesse des champs de bataille, alors que l’armée se professionnalise.

De cette désunion, résultent près de deux siècles de déchirements entre théories adossées à des interprétations différenciées de la « bonne équitation », notamment immortalisés par les virulentes querelles entre Baucher et d’Aure. Pourtant, de ces oppositions, naîtra aussi la richesse de cultures équestres co-construites, à la confluence des savoirs civils et militaires, comme l’illustrent les écuyers du Cadre noir de Saumur, qui se revendiquent autant des maîtres d’une équitation artistique et technique (La Broue, Pluvinel, La Guerinière, Baucher, Aubert) que de pratiques utilitaires martiales (d’Auvergne, d’Aure). L’élévation des principes du Général L’Hotte se réclamant de ce double héritage, comme doctrine de l’équitation de tradition française dont ils sont les porte-flambeaux, en témoigne.

L’objet de ce colloque est, donc, de mettre en exergue la pluralité des patrimoines matériels et immatériels militaires qui ont contribué, et contribuent encore, à définir l’équitation d’aujourd’hui, en France et au-delà. Notre dessein est de comprendre leurs singularités, mais aussi leurs interactions avec la société civile, en questionnant leur mode de diffusion et d’appropriation par des publics variés.

Dans ce contexte, nous étudierons dans un premier temps, le rôle des musées militaires, en interrogeant leurs particularismes et leurs approches pédagogiques du cheval. Nous questionnerons, ensuite, la transmission des patrimoines immatériels, par la perpétuation de corps militaires voués à protéger et/ou à valoriser, entre conservation et adaptation, des pratiques martiales recodifiées dans la société civile -charge, représentation- en nous intéressant à la Garde Républicaine et au Cadre noir de Saumur.

Le colloque nourrit aussi l’ambition de mettre en lumière les spécificités des équidés de guerre dans leur diversité, depuis les chevaux de bataille jusqu’au train, en analysant leur place historique et contemporaine dans l’armée.

Enfin, nous dédierons une table-ronde aux modes d’appropriation, entre conservation et réinvention, d’une culture martiale par la société civile, au prisme d’un dialogue entre associations de reconstitutions historiques d’une part, et militaires perpétuant ces usages, d’autre part, plus particulièrement au travers de la double thématique des attelages et des charges.

Le colloque sera enrichi par des démonstrations illustrant l’évolution du cheval militaire, du Moyen-Age à nos jours. Il s’achèvera par la remise du Prix Pégase 2020.

 

Programme : cliquer ici

 

Inscription en ligne obligatoire : chevaletpatrimoine2020@gmail.com sylvine.chevalier@univ-angers.fr

Attention, nombre de places au colloque : 150 places. Venir masqué ; respecter les consignes sanitaires en vigueur (1m au moins entre les personnes).

Visite de l’Ecole militaire (13h40 à 15h) : limité à 100 places en raison des restrictions liées au Covid. Inscription préalable obligatoire. Se munir d’une carte d’identité.

Pour des raisons sanitaires, il n’y aura pas de cafés ni repas offerts.

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